Levothyrox. À Toulouse, le laboratoire Merck assigné en justice par une cinquantaine de plaignants

Après le jugement de la cour d’appel de Lyon, près de 50 plaignants ont assigné le laboratoire Merck à comparaître devant le tribunal judiciaire de Toulouse, lundi 29 juin 2020.

Publié le 30 Juin 20 à 15:18

Une cinquantaine de plaignantes et de plaignants attaquent le laboratoire Merck en justice, à Toulouse.
Une cinquantaine de plaignantes et de plaignants attaquent le laboratoire Merck en justice, à Toulouse. (©Illustration / Hugo Deshors / actu.fr)

À Toulouse, une cinquantaine d’utilisateurs et d’utilisatrices de la nouvelle formule du médicament Levothyrox prescrit aux malades de la thyroïde, attaquent le laboratoire Merck en justice pour préjudice corporel et préjudice d’information. Une assignation à comparaître devant le tribunal judiciaire de Toulouse a été envoyée le lundi 29 juin 2020. 

Merck condamné à verser 1000 euros aux patients 

Cette assignation intervient quelques jours après le jugement de la Cour d’appel de Lyon. Cette dernière a reconnu, le 25 juin dernier, que le laboratoire Merck avait commis « une faute » au moment du changement de formule de son traitement, commercialisé en France à partir de 2017. Et elle a condamné le laboratoire pharmaceutique à verser 1 000 euros à chacun des plaignants, qui étaient plus de 3300, au titre de « préjudice moral ». Cette procédure avait été lancée à l’initiative de l’avocat toulousain, Christophe Léguevaques.  

« L’important pour les parties civiles était que leur situation, leur douleur, leur malheur, soient reconnus par la Justice », s’était-il d’ailleurs félicité. De son côté, le laboratoire Merck a annoncé, via son directeur juridique, son intention de se pourvoir en cassation après une décision jugée « totalement incompréhensible » par l’entreprise. 

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De « graves effets secondaires »

Ce jugement est cependant un motif d’espoir pour Me Stella Bisseuil, l’avocate qui représente près d’une cinquantaine de plaignants venant pour la plupart de la région toulousaine. Elle indique à Actu Toulouse : 

Les victimes que je représente ont eu, pendant environ six mois, de graves effets secondaires qui ont gravement nuit à leur santé. À ce moment-là, aucun médecin ou expert ne faisait alors le lien avec la nouvelle formule du Levothyrox. Parmi mes clients, certains ont été obligés de s’arrêter de travailler, d’autres ont eu des troubles psychologiques. Nous demandons non seulement la reconnaissance du préjudice d’information, qui a été reconnue par la Cour d’appel de Lyon, mais également la reconnaissance du préjudice corporel. 

L’avocate espère à travers cette assignation faire jurisprudence en ce qui concerne le préjudice corporel… mais s’attend à une longue procédure, qui devrait durer de longs mois. 

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