Lundi 6 juillet! Comité « levothyroxine »documents reçus du ministère vendredi après 19h!

Monsieur le Directeur Général, cher confrère

Mmes et Mrs les membres du « Comité de Suivi » de la Lévothyroxine,

Comme annoncé dans 2 mails précédents je vous adresse en PJ un document détaillé qui analyse « le 4ème Rapport du CTPV » présenté le 28/01/20, et que le contexte du COVID n’avait pas permis de discuter.

Et pourtant vous le verrez il y a beaucoup à dire.

Et beaucoup à faire à le lumière à la lumière de ces enseignements

Bien confraternellement

Dr Philippe SOPENA

PS Pour votre commodité je joins en PJ ce 4ème Rapport ainsi que le 2ème Rapport (janvier 2018) auquel je fais référence dans mon texte

  AFMT :  Analyse des résultats de la « 4ème enquête du CTPV »

– Ce rapport a été présentée le  28/01/20, il  couvre la période qui va d’avril 2018 à fin août 2019  et  fait suite aux 3 premiers et doit donc s’analyser dans la continuité et en comparaison avec ceux-ci.

– On note qu’à la différence des 3 premiers rapports sur le Lévothyrox, étendus secondairement aux « autres alternatives », il a été confié non plus au CRPV de Rennes mais à celui de Lyon et que son « format » a été considérablement réduit (28 pages contre respectivement 67,57 et « 63+44 » aux 3 rapports précédents).

1) Une réduction majeure, et totalement injustifiée, du « champ » de ce rapport :

– Ce 4ème rapport présente un différence majeure avec le 3 précédents c’est qu’au lieu de prendre en compte la TOTALITÉ des cas relevés (quitte à faire un focus spécifique sur certains, les plus sévères notamment)  l’ANSM a décidé UNILATÉRALEMENT  de ne faire figurer dans ce rapport que les seuls cas  qu’elle classe comme « Graves » en éliminant non seulement les cas jugés, par elle« Non graves » mais même  ceux étiquetés  « Autre situation médicale grave » .

– On lit en effet (page6) «   Une nouvelle méthodologie d’enquête a ainsi été définie lors d’une réunion le 20/11/2018, actant que ce 4ème rapport se limiterait aux cas graves hors cas « autre situation médicale grave », rapportés en France depuis la dernière présentation jusqu’au 18/4/2019. »

– Une réduction tellement absurdement excessive que pour étoffer ce rapport il a été décidé par la suite

« En raison du faible nombre de cas notifiés, et après accord de l’ANSM, le rapporteur a étendu l’inclusion des cas jusqu’au 31/08/2019 (date de saisie initiale du cas) » 

– Il est vrai que limiter un « Rapport de pharmacovigilance sur les Lévothyroxines » aux seuls « cas graves » au sens  que leur donne l’ANSM, c’est à dire limitativement aux cas « de « décès », de « mise en jeu du pronostic vital »   « d’hospitalisations » « d’incapacité /invalidité »  et  d’anomalies congénitales, toutes  situations heureusement rarissimes avec les Lévothyroxines, en excluant même les cas étiquetés  « autres situations médicales graves» (!!!)  a pour conséquence (certains diraient pour « objectif ») de ne pas prendre en compte la quasi totalité des « EI » déclarés et de pouvoir ainsi conclure à la bonne tolérance des diverses spécialités étudiées, notamment le Lévothyrox « NF ».

– A titre d’exemples, parmi d’autres,  c’est un peu comme si un rapport de pharmacovigilance sur un antimitotique ne faisait pas mention des « risques d’alopécies » ou, s’agissant du Finastéride, de son « impact sur la libido ». Ces « effets indésirables » ne  rentrent dans le cadre des « cas graves »… mais, pour autant, ils ne sont pas du tout  négligeables pour les patients concernés.

Nous n’avons  d’ailleurs pas retrouvé dans la documentation disponible ou dans d’autres rapports de « pharmaco vigilance », sur ce sujet ou sur d’autres, qu’il soit prévu de limiter le champ de la pharmaco vigilance aux seuls « cas graves ». Bien au contraire on peut lire sur le site de l’ANSM :

L’ANSM est l’autorité compétente en matière de pharmacovigilance: (…)  La veille sanitaire repose sur :

– Le signalement DES effets indésirables par les professionnels de santé et les industriels

– Le recueil, l’exploitation et l’évaluation de TOUTE INFORMATION concernant le risque d’effets indésirables

Le rôle de l’ANSM consiste notamment à (…)  :

–  Évaluer TOUTES les déclarations d’effets indésirables qui lui parviennent

– Nous attendons donc de l’ANSM  qu’elle nous dise, lors du  « Comité  de Suivi » de lundi, sur quelles bases réglementaires précises elle s’est appuyée pour prendre cette décision.  Et qu’elle nous fasse parvenir, sans délai, le compte rendu de la réunion du  20/11/2018, dont les Associations agréées de malades de la Thyroïde nont  pas été informées, ainsi que les motivations  qui l’ont conduit à exclure du champ de ce Rapport officiel la quasi totalité des « EI » déclarés par les patients.

– Nous  rappelons à celui-ci l’Article L311-1 du « Code des relations entre le public et l’administration » :

«  Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L.311-6, les administrations mentionnées à l’article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu’elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. »

– Nous ne souhaitons pas avoir à refaire le long parcours qui nous a conduit à obtenir une décision favorable de la CADA en matière d’accès au dossier d’AMM de Lévothyroxine BIOGARAN et TEVA. Mais si besoin nous n’hésiterions pas, y compris, instruits par l’expérience, en saisissant en outre d’emblée, à titre de précaution, le Juge Administratif.

– C’est pour éviter de telles procédures que, nous demandons à Mr le Directeur Général de la Santé  de nous donner son avis d’expert sur cette question, sur  la forme et sur le fond. Et, s’il en est d’accord, son soutien pour que nous obtenions du Directeur Général de l’ANSM la communication rapide des éléments demandés si, comme on peut légitimement le craindre, celui-ci devait ne pas y donner suite.

– Nous rappelons que lors de la réunion du  28 janvier 2020 « du Comité scientifique permanent » (CSP) » au cours de laquelle ce rapport avait été présenté l’ANSM s’était engagée publiquement à la demande unanime des Associations de patients, à nous communiquer sans délai  les chiffres des « déclarations totales», leur évolution et leur ventilation entre les diverses « Lévothyroxines » . Nous nous en étions félicités…. Trop vite car cette promesse n’a pas été tenue .

2) Les effets concrets de la limitation de ce Rapport aux seuls « cas graves »

– Si, à titre de comparaison, on se réfère aux 2 Rapports précédents du CTPV on constate :

– Le choix fait par l’ANSM  revient donc à exclure volontairement de ce Rapport officiel l’analyse de 97 % à 98 % des cas déclarés aux services de la Pharmacovigilance, l’image donnée est donc, là encore « volontairement » trompeuse.

– D’autant qu’elle ne prend pas en compte le phénomène massif de la « sous déclaration ». L’ANSM affirme que celle-ci aurait diminué, mais sans aucun élément matériel à l’appui de cette assertion. C’est pourquoi nous avions demandé que nous soient fournis les chiffres retraçant l’évolution des « notifications toutes causes » enregistrés par la pharmacovigilance pour nous permettre de neutraliser, au moins en partie, un éventuel effet  sur les déclarations  lié à « l’amélioration de l’accès aux portail de déclaration ». Là encore malgré un engagement public pris en séance le 28 janvier nous n’avons toujours rien reçu.

– En tout état de cause les quelques dizaine de « milliers de déclarations » enregistrées depuis 2017 devraient être comparées aux 28 % de patients (plus de 800 000 personnes) mis autoritairement sous « NF »  et  qui ont choisi de passer à une alternative (chiffres CTPV). S’ils l’on fait, en dépit des difficultés pratiques c’est non pas pour céder à la « mode » , mais parce, que la NF ne leur convenait pas (ou pas complètement). Cela s’appelle « voter avec ses pieds ».. et il n’y a guère que l’ANSM (et les « Docteurs NOCEBOS ») pour ne pas vouloir prendre cette réalité en compte.

3) Des résultats beaucoup moins rassurants que ne le prétend l’ANSM :

– Selon l’ANSM la principale conclusion de ce rapport seraitla « diminution du nombre de « CAS GRAVES » sous Lévothyrox « NF ».

– Plus de 3 ans après le début de cette crise, toujours inexpliquée, c’est bien le moins d’autant qu’entre temps 28 % des patients ont abandonné cette « NF » et que l’on peut penser que c’est parmi eux que se recrutaient le plus fort pourcentage de patients intolérants à cette « NF ». Ces 2 phénomènes cumulés (« quantitatif  et qualitatif ») ne pouvaient que réduire mécaniquement le nombre de « cas graves ».

– Pour autant l’ANSM reconnaît, certes s’en s’y appesantir, la persistance  de 10 « cas GRAVES / MOIS ». A titre de comparaison  AVANT la  substitution « AF/NF », imposée par MERCK et l’ANSM, au prétexte « d’en améliorer la sécurité » on enregistrait  en moyenne la notification de  « 10 cas / AN » (et non / MOIS !!! ) et encore s’agissait-il « des cas  « graves » ET« non graves »confondus !!!

– La situation  était donc très loin d’être satisfaisante en Août 2019 ( date de la fin de la collecte de données).  D’autant que lorsque le CTPV parle de « CAS GRAVES » c’est  qu’ils sont « VRAIMENT GRAVES »  : Il s’agit de 72 %  « d’hospitalisations », 11 % « d’incapacité /invalidité », 10 % de « décès » le reste étant des « mise en jeu du pronostic vital »  ou des « anomalies congénitales ».

 C’est à dire des situations médicales quasi « inenvisageables » auparavant pour les médecins prescripteurs et les malades concernés, s’agissant de la prise d’un médicament éprouvé (je parle du Lévothyrox « AF »…), pris quotidiennement depuis 30 ans par plus de 2 millions de français(e)s, dont la tolérance était l’une des meilleures de la pharmacopée, avec un « taux de notification » d’EI (« graves » ET « non graves » confondus) qui était en 2011 selon la « Commission Nationale de Pharmacovigilance » de 0,036 cas pour 100 000 mois-traitement soit au total de 6,48 cas / AN sur la base de 2,5 millions d’utilisateurs.

– Et encore, n’est-il pas fait état dans ce 4ème rapport des « autres situations médicales graves » que l’ANSM a fait disparaître alors qu’elle représentaient 2 355  cas dans la 2ème enquête et 1 129 dans la 3ème soit 6,65 fois plus que les « cas graves ».

– Même chose pour les cas étiquetés « non graves » qui représentaient l’énorme majorité des cas dans les enquêtes précédentes (78 % et 90%) et qui correspondent aux symptômes dont se plaignent le plus souvent les patients-victimes et qui pour être étiquetés « non graves » n’en sont pas moins douloureux ou handicapants dans la vie quotidienne pour les patients qui en sont victimes.

– Avec  la disparition, voulue, de  ces 2 catégories qui représentent  la quasi totalité des « cas déclarés » on n’est plus dans la  « Pharmacovigilance ». L’objet principal ou unique de ce « Rapport » c’est pour l’ANSM  de tenter  de « rassurer » et de tourner, au plus vite, la page d’une crise sanitaire toujours inexpliquée.Une crise dans laquelle l’Agence est impliquée depuis le début. Plus que de « Sécurité du Médicament » il s’agit là de la protection  de  «  sa propre sécurité ».

4) Analyse de données de ce dossier négligées par le  « Rapport »  final :

– En dépit du caractère très restrictif  du champ de ce rapport et d’une lecture des données que l’on pourrait qualifier de « bienveillante » on peut y trouver, si du moins on se donne la peine de les chercher, des éléments significatifs qui auraient mérité d’être portés à la connaissance des médecins prescripteurs, des  patients concernés et des autorités de tutelle.

4-1) Un risque de « cas graves » multiplié par 4 avec la « Nouvelle Formule » !!!!

  *Nombre de «cas graves » exploitables enregistrés par le CTPV  entre le 01/04/18 le 31/08/19 )

– Selon les propres chiffres du Rapport du CTPV, rapporté aux effectifs traités, les patients sous LEVOTHYROX « NF » ont  4 fois plus de « risques de survenue d’un cas grave  que ceux sous L Thyroxine HENNING ou sous EUTHYROX.

– Plus précisément ce risque relatif  est multiplié par 4,16  comparé à la  Lévothyroxine HENNING et par 4,03 comparé à l’EUTHYROX,la différence est non significative.(Ceux concernant  les autres alternatives portent sur des effectifs trop faibles pour être pris en compte).

Rapprocher le nombre (ou le pourcentage) de cas graves survenus chez des patients traités par l’une l’une ou l’autre des spécialités utilisées avec le nombre (ou le pourcentage) de leurs utilisateurs respectifs  est la première idée qui vient à l’esprit de tout observateur.

– Je n’imagine donc pas que le rapporteur ET les « relecteurs » n’aient pas fait, au moins dans leur tête, ce petit calcul.  La question qui se pose c‘est donc de savoir pourquoi cette donnée simple, incontestable et essentielle ne figure pas non seulement dans le rapport final mais même « tout en haut » de celui-ci ?

Car, s’agissant a minima des cas graves, cette information sur la « dangerosité accrue de la NF » par rapport aux autres alternatives est absolument essentielle tant pour les patients-victimes, que leurs médecins prescripteurs. Ce « défaut volontaire d’information»  est clairement fautif.

–  Dans l’affaire de la DEPAKINE  l’ANSM vient  d’être condamnée par le TA de Montreuil pour « défaut d’information ». Il y a 15 jours MERCK l’avait été par la Cour d‘Appel de Lyon, dans celle du Lévothyrox,  là aussi pour défaut d’information. A chacun d’en tirer les leçons.

 4-2) La remarquable efficacité thérapeutique du  «switch» vers une alternative :

– Le tableau ci-dessous (repris  de la page 10 du 4ème rapport) synthétise les résultats obtenus, dans les « cas graves » suffisamment documentés, survenus chez des patients initialement sous « NF » en comparant l’évolution de leur état  suivant :

– Qu’ils ont switché vers une alternative

– Qu’ils sont restés sous « NF » avec ou sans modification des dosages

Les données  de ce tableau sont extraites de celui de la page 10 de ce rapport (cf. détails dans celui-ci)

Elles ne prennent  pas en compte les cas « non suffisamment renseignés » ou les « résultats imprécis. »

         * Pas de distinction selon « l ’alternative » choisie (non précisée dans le tableau)

        ** Sans distinction suivant « maintien » ou une « simple modification » des doses

– Les effectifs sont certes petits mais le différentiel est tel qu’il est significatif. Comme celle concernant la dangerosité accrue de la « NF » vue plus hautil s’agissait donc là d’une information capitale et urgente, que l’ANSM s’est bien gardée de faire figurer en clair dans le rapport.

– Ce silence est d’autant plus inexcusable  que des données équivalentes figuraient déjà dans le 2ème rapport  du CTPV du 30/01/18 (cf Page 32)  portant sur des effectifs considérablement plus importants (1 745 cas documentés) ce qui élimine la possible critique sur des « effectifs insuffisants » pour pouvoir conclure. Mais  à l’époque déjà, malgré nos demandes réitérées, l’ANSM s’était obstinément refusée à communiquer sur cette information capitale pour guérir ou améliorer l’état des patients-victimes.

Rapport CTPV Janvier 2018 Pourcentage d’amélioration
Amélioration « Moyenne » 20 %
dont amélioration si « SWITCH » * 65 % !!!
Dont amélioration si maintien de la NF AVEC modification des doses 14 %
Dont amélioration si maintien de la NF SANS modification des doses 7 %

* Dans les « Switchs » à partir de la NF suivis d’amélioration : La lecture graphique de la fig 10 (p 31) montre que le retour vers «  l’AF » représente  les 2/3 des cas où cette précision est enseignée

– Les situations ayant donné lieu à des « switch » étudiés  dans ce 2ème rapport concernent « TOUS les cas de notifications »  et pas seulement les seuls « cas graves » comme  dans le 4ème Rapport.

4-3 ) Un défaut d’information persistant qui pourrait être considéré comme constitutif  d’une « perte de chance » ou d’une « mise en danger d’autrui » :

– Comme on vient de le voir l’ANSM ne peut pas contester qu’elle savait, au moins depuis janvier 2018, que, en cas d’apparition de troubles inexpliqués, pouvant relever  d’un traitement par Lévothyroxine (notamment suite à l’introduction de Lévothyrox « NF »), le « SWITCH  vers une « alternative » était considérablement plus efficace que toute autre stratégie en permettant d’obtenir  une amélioration dans près des 2/3 des cas.

– Elle ne pourra pas davantage contester que depuis cette date cette  information capitale n’a JAMAIS été communiquée par le moindre document public, de l’ANSM ou du Ministère aux médecins prescripteurs et/ou aux malades concernés.

Ce silence explique que TROP de médecins « NON ou MAL  NFORMES » aient continué à maintenir des patients « symptomatiques » sous « NF »  et à leur « prêcher la patience »  alors que le simple recours à une alternative aurait rapidement amélioré ou guéri la majorité d’entre eux.

– Il est vrai que cette « constatation objective » contredisait le dogme sans cesse répété, encoreaujourd’hui par certains, de ceux qui (le Dr D. MARTIN et Mme BUZYN en tête, MERCK, l’ANSM, la SFE, les Docteurs NOCEBOS,….) n’ont cessé d’affirmer que cette crise et les troubles présentés par des dizaines de milliers de  patients ne résultaient que d’un « problème d’information », d’un « buzz médiatique » ou d’un simple « effet NOCEBO ».

– L’impact de ce déni de réalité se lit dans ce 4ème Rapport :  Dans cette étude d’avril 2018 à Août 2019  43 % des médecins continuaient encore à laisser sous « NF »  des malades  considérés comme des « cas  graves »  et dont, de ce fait, l’état ne s’améliorera que dans 26 % des cas contre 80 % s’ils avaient opté pour un « switch ».

La « non diffusion par l’ANSM » et donc la non prise en compte  de ces données par les médecins prescripteurs sciemment désinformés, a constitué et constitue encore pour de très nombreux patients, une prolongation injustifiée de leurs troubles, voire leur aggravation.

–  Les malades de la Thyroïde sont donc en droit de considérer que le silence obstiné de l’ANSM a constitué, et constitue encore à ce jour,  non seulement un « défaut d’information » mais une « perte de chance » et une « mise en danger d’autrui ».

– La confirmation des données  du 2ème rapport par celles du 4ème rend INDISPENSABLE et URGENT (avec hélas un retard de plus de 2 ans !!!) la diffusion par les autorités compétentes d’un message simple, destiné aux médecins prescripteurs et au malades,  selon lequel :

« En cas de survenue « d’effets indésirables » inexpliqués chez des patients traités, par « LEVOTHYROX NF », le choix thérapeutique,  en première intention, DOIT être le « SWITCH VERS UNE ALTERNATIVE » et non « LE MAINTIEN DU TRAITEMENT PAR « NF » (avec ou sans modification de dosage) »

– L’AFMT, la plus ancienne et plus importante des « Associations agréées de malades de la Thyroïde », demande solennellement à Mr le Directeur Général de la Santé de veiller à ce que ce message soit relayé sans délai, et avec l’ensemble des moyens disponibles, auprès des médecins et des malades.

4-4) La «TSH» un TRÈS MAUVAIS marqueur pour les « cas graves » sous «NF»

– 4ème Rapport : Dosages de la TSH  chez les patients présentants des « cas graves » :

Plus de la moitié des « CAS GRAVES» surviennent  chez des patients avec « TSH Normale ».

– Cela confirme les données du 2ème rapport du CTPV  (janvier 2018 – Pages 28 et 29)

  Nombre de cas   % de cas
Nombre de cas documentés 1745  100 %
TSH « BASSE 394 23 %
TSH « AUGMENTEE » 179 10 %
TSH « NORMALE » 1 172 67 %

– En dépit de ces résultats indiscutables certains continuent à marteler le discours suivant lequel en face  de troubles survenus dans le cadre de « substitutions » la TSH reste l’élément déterminant.

– Autant, à l’évidence, il serait déraisonnable de contester le fait que  la TSH est et reste le marqueur ESSENTIEL pour dépister une Hyper ou une Hypothyroïdie et pour suivre, au long cours, «l’équilibre » du traitement d’une hypothyroïdie,du moins  lorsque la spécialité utilisée est bien tolérée.

– Autant, au vu de ces 2 rapports successifs, et de l’expérience acquise depuis le début de cette crise, il serait tout aussi déraisonnable de prétendre qu’en cas de survenue « d’Effets Indésirables » inexpliqués possiblement liés à la substitution entre des Lévothyroxine  la seule normalité de la TSH permette d’éliminer la responsabilité de la spécialité utilisée  .

– Cette attitude dogmatique qui, en 2017, avait été celle des autorités sanitaires, des sociétés savantes et des « Professeurs NOCEBOS » reste, hélas, encore trop fréquente aujourd’hui chez les médecins.

4-4-2 : La « clinique » confirme les « limites » des seuls dosages de « TSH :

– Les chiffres de la Pharmacovigilance,  montrent que la survenue des « premiers troubles » liés à la prise du Lévothyrox « NF » ou aux substitutions apparaissent assez rapidement après le début de la prise. C’est aussi ce que racontent la plus part des patients symptomatiques (encore, pour cela, faut-il prendre la peine de les écouter…)

Or si le problème avait été celui d’un simple « sous dosage » / « surdosage » hormonal lié à cette substitution le délai de latence entre le changement de formule et l’apparition des troubles aurait nécessairement dû être beaucoup plus long et progressif en raison de la demie-vie lente de la  Lévothyroxine.

– Par ailleurs les symptômes les plus fréquemment présentés par les patients impactés par cette substitution ne sont pas ceux des déséquilibres « typiques » HYPER / HYPO : Que soit dans le rapport de  2018 ou de 2020 on ne retrouve pas les couples classiques « Tachycardie / Bradycardie », « Diarrhées/Constipation », «  Sudation /Frilosité », « Amaigrissement / Prise de poids » , etc.

– En outre les tableaux présentés par les patients mélangent très souvent des symptômes de type « Hypo » avec des symptômes de type  « Hyper », et ce indépendamment des résultats de leurs propres dosages.

– De plus dans ces 2 rapports les « EI » les plus représentés et les plus invalidants sont concentrés sur des « SOC » peu spécifiques des déséquilibres thyroïdiens (intitulées : « générales », « musculaires », « nerveuses », » psychiatriques »), et ce de façon très similaire dans l’une et l’autre étude.

– C’est bien la preuve qu’il y a dans cette crise sanitaire du Lévothyrox NF « quelque chose » qui sort du champ  des déséquilibres thyroïdiens habituels («  Hypo / Hyper ») et de leur surveillance par la seule TSH.

– S’agissant de des patients sous « NF »  présentant des symptômes inexpliqués, associés à des dosages normaux, la « bonne pratique » c’est d’écouter les malades, de donner la priorité à la clinique et, par sécurité, de switcher vers une « alternative ».

En conclusion :  Pour l’AFMT, face à cette situation, toujours inexpliquée, notre réponse c’est :

– Que, grâce à ces données scientifiques incontestables, cesse  enfin le déni de réalité et le silence obstiné des autorités sanitaires et de trop de médecins.

– Que les souffrances des patients-victimes soient entendues et qu’on leur propose les traitements les mieux adaptés à leurs cas personnels.

– Que soient établies les responsabilités dans une crise qui n’a que trop duré.

Dr Philippe SOPENA

(Conseiller scientifique de l’ AFMT)

PS : C’est très volontairement que je n’ai pas abordé  ici l’analyse des « Cas d’intérêt » (sic.. Les autres n’auraient donc « pas d’intérêt ») pour reprendre la terminologie  de ce rapport et notamment celle des 15 cas de « décès ». 15 de trop.

Rappelons que par une décision du 4 février 2019  Mr  le Procureur de la République de Marseille a, à la suite d’une« enquête préliminaire » qu’il avait fait effectuer par les services de la Gendarmerie Nationale, élargi à « l’homicide involontaire » l’information judiciaire confiée au pôle santé du TGI de Marseille avait été initialement ouverte, « contre X », le 2 mars 2018 pour « tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger de la vie d’autrui »

L’avis, peu ou pas motivé, d’un rapporteur, au demeurant  anonyme, désigné par l’ANSM elle-même alors que celle-ci peut, le cas échéant,  être directement concernée par cette information judiciaire, en raison de sa participation active et de son soutien à la mise sur le marché de la « Nouvelle Formule » ne nous semble pas donner les garanties  d’indépendance qui seront celles de l’expertise judiciaire en cours.

Comme on pouvait le craindre les quelques lignes consacrées à chacun de ces cas douloureux, sur les bases d’un dossier médical qui semble le plus souvent très (trop..) succinct, aboutissent à mettre hors de cause la responsabilité de la « NF » (ou la « non preuve de sa responsabilité »). En quelque sorte un plaidoyer « pro-domo » d’une Agence qui se sait gravement fragilisée.

Que les familles des victimes qui, sans doute, les reconnaîtront, n’y attachent pas d’importance. Malgré dans quelques cas  des commentaires qu’il eut mieux valu ne pas écrire.. Et qu’elles ne s’inquiètent pas ce sera aux experts judiciaires, et à eux seuls, sur des bases objectives, de dire ce qu’il en est et de les aider à comprendre ce qui est arrivé à leurs proches pour leur permettre de faire leur deuil.

La prudence minima  et le respect des familles, auraient été pour l’ANSM d’attendre le résultat de ces expertises judiciaires avant d’écrire, très aventureusement, comme le fait ce rapport « qu’aucune de ces observations ne permet RAISONNABLEMENT d’évoquer le rôle du Lévothyrox « NF » !!!