L’AFMT avait soutenu modestement ces analyses

Des substances radioactives détectées dans la Garonne, la centrale de Golfech mise en cause

Cela fait des années que de courageux citoyens, flairent, recherchent dans la Garonne, tout évènement qui pourrait montrer des signaux inquiétants sur l’état de la centrale nucléaire, nous avions modestement apporté 200 euros. Nous pensions honnêtement, que trouver le problème était une quête perdue sur une eau qui coule en continu, il fallait tomber sur un jour de rejet. Et bien voilà cette centrale vieillissante montre au travers de ces analyses qu’elle mérite beaucoup plus de surveillance, si pas son arrêt afin de protéger la santé des citoyens.

L’association qui s’en occupe est « Stop Golfech » et France Nature Environnement : VSDNG, Solidarite Inter Association
148 rue Gérard Duvergé
47000 Agen
Tel : 05 53 95 02 92 (Monique)

Centrale de Golfech : une étude repose la question de la radioactivité de la Garonne

Toute centrale rejette des éléments chimiques, la question est « en quelle quantité ? ». Photo archives DDM Publié le 21/01/2021, mis à jour à 09:12

l’essentiel – Un rapport de la Criirad vient de révéler une présence quatre fois supérieure de tritium, un élément chimique rejeté par la centrale de Golfech, en aval de cette dernière qu’en amont.

« Pour moi, citoyen d’Agen, concrètement, y a-t-il un risque à boire l’eau du robinet et à se baigner à Passeligne ?« , la question lancée par un Agenais au cours de la présentation du dernier rapport de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a le mérite d’être claire.

Tout l’enjeu de cette étude d’impact est de voir si les rejets de la centrale de Golfech présentent des seuils supérieurs à la normale, ce qui représenterait un danger pour la santé.

Il en ressort une différence marquante entre les eaux de la Garonne en amont et en aval de la centrale nucléaire.

Les végétaux passés au peigne fin pour l’étude contiendraient 4 fois plus de tritium et 3 fois plus de carbone 14 en aval de la centrale. Des seuils encore réglementaires mais qui posent la question des « faibles doses ». « C’est l’éternel débat, à force d’être exposé à de faibles doses, le corps réagit », commente Monique Guittenit, l’une des organisatrices de la présentation du rapport à la presse. Le corps, agressé, développerait selon les associations à l’origine de l’enquête des formes de cancers. « On observe par exemple un doublement du nombre de leucémies autour des centrales, et ce, dans le monde », indique Marc Saint-Aroman des Amis de la Terre Midi-Pyrénées.

Des seuils légaux à Golfech selon EDF

Une fausse accusation pour les responsables de la centrale de Golfech. « Les mesures n’ont pas présenté d’évolution au fil des années. En 2019, le niveau de tritium moyen quotidien mesuré par les équipes EDF à l’aval du site, était d’environ 15,4 Bq/l, soit plus de 9 fois inférieur à la limite réglementaire autorisée. Aucune valeur n’a dépassé la limite réglementaire », rassurent-ils. Idem pour le carbone 14, dont un suivi serait réalisé « avant chaque rejet en procédant à des prélèvements », selon EDF.

Mais, problème pour les associations antinucléaires, ces résultats ne sont jamais rendus publics. Ils assurent que même l’Agence régionale de santé n’est pas toujours avertie des jours de rejets dans les eaux de Garonne. Cette dernière effectuerait des prélèvements réguliers, mais de manière aléatoire, sans savoir à quand remonte le dernier rejet. « Il y a un double défaut, de surveillance et d’information », clame les bénévoles. « Il faudrait au moins que l’on sache quand acheter des bouteilles d’eau quand les niveaux s’affolent », exige l’un d’eux. Plus de transparence donc, et une réaction des élus aussi.

Roquefort dans le périmètre de sécurité ?

La réunion s’est tenue à Roquefort, une commune pour l’heure exclue du périmètre de sécurité de Golfech, au grand dam de son maire, Alain Zanardo. « J’en ai déjà fait la demande et je la réitère ici, je souhaite que Roquefort soit inclus dans ce périmètre et que ses habitants puissent bénéficier en cas d’incident de pastilles d’iode », lance-t-il. Ce dernier se dit « très inquiet ». « C’est tout un territoire que nous risquons de rendre invivable en cas d’incident nucléaire ». Alors les associations poursuivent leur mission d’information au public et invitent tous les citoyens à se rapprocher de la CLI, la Commission locale d’information, compétente en la matière. Les mesures prises par EDF sont par ailleurs détaillées sur le site de la centrale. L’entreprise indique notamment « contrôler de manière permanente les rejets (dans l’eau, l’herbe et même le lait aux alentours) ».

Les études se multiplient

Posés sur la table de la salle du Placié à Roquefort, des dizaines de rapports d’enquête à destination du public. L’un pointe le lien supposé entre nucléaire et leucémie, un autre prouve la baisse des cas de cancers quelques années après la fermeture d’une centrale aux États-Unis, des enquêtes qui prouveraient selon « Les Amis de la Terre, le Réseau citoyen de surveillance de la radioactivité de Golfech, Horizon Vert, Vivre sans énergie nucléaire Golfech, l’Association de défense des terres fertiles et la Sepanlog », présents ce mercredi, le fameux lien « Nucléaire = Cancer ».Anne-Laure de Chalup