Attention DANGER !!! L’ANSM voudrait « réserver le droit » de prescrire l’EUTHYROX aux seuls Endocrinologues.

Retour sur les épisodes précédents :

– Il y aura 4 ans le 1er mars prochain, MERCK et l’ANSM  décidaient, d’imposer autoritairement aux 3 millions de patient(e)s bien équilibrés sous Lévothyrox « Ancienne Formule » une substitution par une « Nouvelle Formule »  jamais testée  par  la moindre étude clinique sur de « vrais malades ».  Vous connaissez tou(te)s la suite de l’histoire : Une vague numériquement sans équivalent « d’Effets indésirables »… 

–  Mme Agnès BUZYN, l’ANSM, MERCK, les Hospitalo-U et les sociétés savantes répétaient en cœur  que cette Nouvelle Formule était « meilleure et plus sûre », que « tout cela n’était qu’un simple phénomène médiatique », ou un simple « effet Nocebo ».  que « l’on ne reviendrait jamais à l’Ancienne formule »   et qu’il suffisait » aux patients… d’être patients » pour que cela s’arrange. Raté !!!

Mais  face à la réalité et l’ampleur de la crise, Madame  la Ministre était obligée de faire machine arrière et annonçait, le 15 septembre 2017, que le Laboratoire MERCK devrait réapprovisionner le marché français en « EUTHYROX » ( le nom sous lequel le Lévothyrox « AF » était commercialisé en Allemagne). Mais elle ajoutait  » pour une durée et en quantités limitées ».

Dans le même temps de nombreux patients mieux équilibrés avec l’Euthyrox qu’avec la « NF » ou les autres « alternatives »  continuaient à se fournir à l’étranger, là où il était encore disponible.

Pour MERCK la disparition « quoi qu’il en coûte » (!!!)  du Lévothyrox « AF » restait un objectif stratégique prioritaire. Il n’a donc pas cessé de trainer des pieds pour approvisionner (a minima) le marché français, espérant que les pénuries répétées  finiraient par  « obliger » les patients à changer de traitement (MERCK perdant ainsi, au passage,  700 000 utilisateurs quotidiens…)

Mais beaucoup de  patients ne trouvant pas « d’alternatives satisfaisantes » ont « fait de la résistance ». Ils sont  aujourd’hui encore 90 000 malades qui « se sentant bien sous EUTHYROX » n’ont aucune envie de changer, de peur de revivre en 2021 ce qu’ils ont vécu en 2017  Face à  leur détermination et à l’opposition résolue de l’AFMT, le gouvernement a dû prolonger à plusieurs  reprises l’approvisionnement en EUTHYROX. Alors qu’il avait promis  à MERCK un arrêt définitif en septembre 2020. La mobilisation des patients concernés  et des Associations fait  que, le 7 aout dernier, nous avons obtenu qu’il reste disponible jusqu’en fin 2021…

Mais, comme à son habitude, l’ANSM se comporte en soutien aveugle de MERCK :

– Lors d’une réunion tenue vendredi 22 janvier le représentant de l’ANSM a même été jusqu’à proposer que la prescription d’EUTHYROX soit réservée aux seuls « Endocrinologues » !!!

– Espérant sans doute que ceux-ci seront plus « réceptifs »  aux « messages » de MERCK que les Généralistes, et qu’il imposeront bon gré mal gré aux  patients concernés  un changement de traitement qu’ils refusent.

– C’est une atteinte grave et totalement injustifiée à la liberté de choix du médecin par le malade et à la « liberté de prescription »  qui sont pourtant des principes déontologiques fondamentaux.

Article L162-2  du Code de la sécu :Dans l’intérêt des assurés sociaux et de la santé publique, le respect de la liberté d’exercice et de l’indépendance professionnelle et morale des médecins est assuré conformément aux principes déontologiques fondamentaux que sont le libre choix du médecin par le malade, la liberté de prescription du médecin(…)

– Des principes qui ne sont donc pas édictés dans l’intérêt des médecins mais dans celui des patients et de la Santé publique.  Avec leur corollaire naturel  qui est la « responsabilité » du médecin.

– Mais de cette liberté les gouvernants, les bureaucrates et les comptables de Bercy ne veulent pas. Ils ne cessent de vouloir l’encadrer. Le plus souvent, hélas, non pour de bonnes raisons (sécurité sanitaire, ou qualité des soins), mais pour encadrer les prescriptions et limiter les dépenses. 

Une atteinte à la liberté de prescription :

C’est pour cela qu’ils ont « inventé » la notion de « médicaments à prescription réservée » sur lequel l’ANSM tente de s’appuyer pour réserver la prescription d’Euthyrox aux seuls Endocrinologues.

Article R5121-90 du Code de la Santé :  » Le classement dans la catégorie des médicaments à prescription réservée à certains médecins spécialistes ne peut intervenir que si les restrictions apportées à la prescription du médicament sont justifiées par les contraintes de mise en œuvre du traitement, eu égard à la spécificité de la pathologie et aux caractéristiques pharmacologiques du médicament, à son degré d’innovation, ou à un autre motif de santé publique. »

Mais ces critères sont « limitatifs » et  aucun d’entre eux ne s’applique au cas de l’EUTHYROX.

Une volonté de faire « switcher » les patients sous Euthyrox  contraire aux « Recommandations »

– Cette mesure vise exclusivement à ce que, en réservant cette prescription à des Endocrinos supposés dociles, ils poussent au plus vite les patients actuellement bien équilibrés sous EUTHYROX à changer de traitement ce qui est contraire à l’avis de l’HAS (Haute Autorité de Santé) selon laquelle :

« La lévothyroxine est un médicament à marge thérapeutique étroite. Pour des personnes traitées bien équilibrées et sans effet indésirable, il n’y a pas lieu de changer de traitement »

– C’est le cas pour l’EUTHYROX, il est disponible jusqu’à fin 2021. Jusque-là inciter un patient bien équilibré  à changer de traitement, ou pire refuser de le lui renouveler  serait explicitement contraire aux bonnes pratiques et engagerait  la responsabilité du prescripteur en cas de survenue d’effets indésirables.

Une décision inacceptable en termes d’égalité d’accès aux soins et inapplicable en pratique …

– De toutes  façon les endocrinologues sont, numériquement,  bien incapables  d’assumer la prescription  et le suivi des 3 millions d’hypothyroïdiens traités : 

– En effet il  n’y avait en 2018  que 1 842  « Endocrino-Diabèto »  soit (2,75 / 100 000 hab).

– Soit 1 « Endocrino-diabèto » pour 1 629 hypothyroïdiens traités et 1 pour 4 005 si l’on se limite aux seuls « praticiens exerçant en ville »

– D’autant qu’une bonne partie d’entre eux ont une activité exclusivement ou majoritairement orientée sur le « Diabète » et les « troubles du métabolisme » diminuant d’autant l’offre de soins en Endocrino.

– C’est d’ailleurs pour cette raison qu’aujourd’hui environ 80% des prescriptions  de Lévothyroxine sont faites par des Généralistes. L’Hypothyroïdie  et son traitement ayant des impacts sur des organes et des fonctions très diverses est d’ailleurs une maladie  typiquement de « médecine générale » pour laquelle la facilité d’accès au praticien est un élément essentiel.

Mieux vaut, souvent, être suivi par un MG qui vous connait bien et que l’on peut consulter facilement en cas de besoin, que par un Endocrino, sans doute très qualifié, mais dont les rendez vous sont à 6 mois ou plus…

– D’autant qu’il y a d’énormes disparités géographiques : La densité pour 100 000 hab. est de 0,5  (Vosges),0,8(Haute-Saône), 0,9 (Loir et Cher), 1 (Orne),… Mais de 9,5( à Paris), 5,5 ( Hautes Alpes), 4,1 (Rhône), 3,8 (Bouches du Rhône).  

–  Il y a donc 19 fois plus  d’endocrinos par habitant à Paris que dans les Vosges.  

– Et dans 8 départements  il n’y a  AUCUN ENDOCRINO exerçant « en ville ».

– Comment dans ces conditions mettre en œuvre une telle  proposition ? Sauf  à assumer que dans de nombreux départements faute d’accès possible à un Endocrino les malades n’auront en pratique plus « droit » à des prescriptions d’EUTHYROX. Et l’égalité d’accès soins dans tout cela ?

Pour toutes ces raisons : de « Liberté de choix du médecin par le malade », de  « Liberté de prescription », de Santé publique et de « respect  des recommandations », « d’égalité d’accès aux soins » mais aussi « d’impossibilité pratique de mise en œuvre » nous demandons à Mr Olivier VERAN Ministre de la Santé, mais aussi Médecin, de ne pas reprendre à son compte cette proposition absurde et dangereuse.

Dans le cas inverse l’AFMT soutiendrait  activement la colère des malades et saisirait la Justice pour faire annuler, en urgence, le Décret nécessaire à la mise en œuvre de cette mesure.

Dr Philippe SOPENA

(Conseiller scientifique de l’AFMT)

Un courrier est en train de se préparer, pour le Ministre de la Santé Olivier Véran. Notre demande est de rouvrir l’usine de Panthéon dans l’Isère, afin que celle ci refasse l’ancienne formule. La crise sanitaire nous montre combien il est capital de produire en France.