Mediator : des experts au CV bien chargé

Par Eric Favereau — 26 janvier 2021 à 10:11

La pneumologue Irène Frachon, qui a révélé l'affaire du Mediator, au TGI de Paris, le 23 septembre 2019.
La pneumologue Irène Frachon, qui a révélé l’affaire du Mediator, au TGI de Paris, le 23 septembre 2019. Photo Jacques Demarthon. AFP 

En attendant le verdict le mois prochain du procès Mediator, le laboratoire Servier continue à se servir d’experts pour l’indemnisation des victimes alors même qu’ils ont été mis en cause pendant toute la procédure.

  •   Mediator : des experts au CV bien chargé

Irène Frachon continue. C’est cela qui la rend unique, alors que tant d’autres auraient baissé les bras : elle ne lâche rien. «Si on se dit que c’est bon, que l’on a gagné et que l’on peut passer à autre chose. Eh bien alors, rien ne changera.» Elle, qui avait révélé l’affaire du Médiator il y a maintenant plus de dix ans, n’a pas tort. Le laboratoire Servier continue à se défendre bec et ongles, alors que le verdict du procès est attendu dans quelques semaines, le 29 mars. C’est bien sûr son droit le plus strict, mais cela conduit à des drôles de situations comme le révèle une plainte que vient déposer une patiente, Mme R., à l’encontre du Dr Colette Frisch pour manquement déontologique. Une plainte qui indique cruellement «qu’ils n’ont rien compris», pour Irène Frachon, et que ceux-là même qui ont participé directement à nier les risques de ce coupe-faim continuent leur petit bonhomme de chemin, comme si de rien n’était.

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