«Nous n’étions pas fous et ce n’était pas un effet nocebo !»

Comme le PROUVENT les résultats de  « L’EXPERTISE PENALE » du Lévothyrox « NF »

                                                                                                                                            Bourret, le 24/05/21

 L’Association Française des Malades de la Thyroïde (AFMT) vient de recevoir, pour avis, le rapport d’expertise sur le Levothyrox livré le 2 avril au magistrat instructeur par les experts judiciaires désignés par le TGI  de Marseille.

L’AFMT salue la qualité de ce rapport d’expertise, et proposera des compléments d’expertise dans les délais impartis.

Mais dès aujourd’hui, l’AFMT exprime sa satisfaction en constatant que toutes les initiatives dont elle avait été à l’origine sont validées par l’expertise judiciaire.

Sans trahir le secret de l’instruction, l’AFMT peut d’ores et déjà trouver confirmation de plusieurs données qu’elle a produites depuis novembre 2017 :

1/ le questionnement des patients était légitime en raison de l’absence de preuve de substituabilité entre le Levothyrox AF et le Levothyrox NF, c’est à dire de la possibilité d’un déséquilibre des concentrations chez certains patients.

2/les techniques d’analyse utilisées par le laboratoire Merck, et validées par l’ANSM, ne permettaient pas de mettre en évidence des « incompatibilités physico-chimiques » des excipients nouveaux, mannitol et acide citrique, avec la lévothyroxine. Or les techniques d’analyse thermique bien connues, permettent de démontrer ces interactions physiques avec la LT4, et leur impact en tenue de « dissolution, biodisponibilité et absorption intestinale ».

3/Concernant la bioéquivalence des formules, les travaux de l’équipe « Toutain et Coll. » sont légitimes : si la « bioéquivalence moyenne » est bien la méthode requise règlementairement seule la « bioéquivalence individuelle » permet d’établir la substituabilité.

Il n’est donc pas possible d’affirmer, comme l’ont toujours fait le laboratoire et l’ANSM, que la nouvelle formulation du Levothyrox est interchangeable avec l’ancienne pour tous les patients. Rien ne garantissait que la substitution directe de l’ancienne formule par la nouvelle ne provoquerait aucun effet secondaire, quelle que soit la situation clinique du patient. Feu « l’effet Nocebo » !

L’AFMT produira prochainement auprès du magistrat les compléments d’analyses qu’elle souhaite pour préciser certaines données physico-chimiques déjà présentées par l’expertise.

L’AFMT réaffirme sa détermination, au service des patients et de la santé publique, près de 12 ans après le scandale du Mediator, et après les conclusions qui pourront être données à la crise sanitaire liée au « Levothyrox », pour que d’autres drames sanitaires sériels ne puissent se reproduire.

Il est nécessaire que les laboratoires, l’Agence du médicament et sociétés savantes n’agissent que dans l’intérêt du patient et de la santé publique, au lieu d’intérêts particuliers.

C’est la raison pour laquelle l’AFMT avait choisi d’emblée la longue procédure de plainte pénale et qu’elle avait mené par ses propres ressources les études scientifiques dont la justification est désormais éclatante.

(Cette journée mondiale de la thyroïde on la fête à notre façon en se rappelant que le 25 mai 2018, on était chez Merck à Lyon avec une couronne d’orties et de ronces….On ne lâchera rien. Votre soutien a été capital pour arriver à cette investigation merci.)

Merci à tous les malades

Vous nous avez soutenus en nous envoyant vos boîtes de médicaments, afin de faire analyser les comprimés. Grâce vous, nous avons pu poursuivre et continuons à effectuer des analyses (elles sont en cours).

Aujourd’hui l’AFMT s’est retrouvé avec VLO sur Toulouse afin de mener à bien une conférence de presse.

« Nous n’étions pas fous et ce n’était pas un effet nocebo ! »

C’est un grand pas pour le procès. Pour TOUS les plaignants, aussi bien au civil qu’au pénal.
Pourtant, ceci n’empêche pas l’expression d’une certaine amertume de la part d’un avocat et d’associations de santé, qui nous ont traînés dans la boue car nous mettions dès le départ une problématique sur la biochimie intrinsèque du médicament !

Voici l’une de ces critiques :

« 6 analyses de laboratoires différents, démontrent l’absence d’impuretés ! Il faudrait 7 analyses représentant la même impureté ! Un jour il faudra admettre que c’est la formule elle-même qui fonctionne chez 53/100 des malades pour lesquels une surveillance médicale pointue est nécessaire ! Que de temps perdu… ».

Il est pénible de lire ce genre de remarque qui ne va pas forcément dans l’intérêt de malades soucieux de comprendre ce qui leur est arrivé. Cela n’empêchera pas pour autant ces détracteurs de bénéficier du fruit de notre travail… Mais soit, tournons la page, ce n’est pas parce que l’on est malade que l’on est moins tolérant !

Il a été épuisant moralement, pour Sylvie Chéreau et moi-même, ainsi que pour tous les bénévoles responsables de l’association et du collectif de subir ces attaques stériles. La critique est aisée mais l’art est difficile. À chacun son Graal, nous, c’est la recherche de la vérité.

Trop souvent nous entendions aussi « Et ma plainte ? Pourquoi ça traîne ? » Pourtant, pendant ces quatre années nous nous sommes donnés sans compter pour faire avancer les choses bien qu’étant nous-mêmes malades ! Mais positivons : Nous avons beaucoup appris de ce combat.

C’est dans l’amitié que nous continuons ensemble, et nous ne remercierons jamais assez Maître Levy de soutenir non seulement VLO mais aussi l’AFMT dans ses démarches car là aussi, notre combat ne nous a pas fait de cadeau. Maintenant l’espoir renaît.

Et surtout remercions ces scientifiques, qui ont œuvré dans l’ombre et qui ont été traînés dans la boue. Et pourtant ce sont de sacrées pointures ! Ne dit-on pas : « On a toujours tort d’avoir raison trop tôt » ? Galilée en a su quelque chose…

La science ne doit pas être un immuable dogme, mais une recherche perpétuelle. Il faudrait d’ailleurs un impôt sur les sociétés pharmaceutiques, afin de pouvoir financer une recherche libre et indépendante.

Merci à vous tous

Les docteurs Jacques Guillet, Gerard Bapt, (le docteur Sopena malheureusement n’a pu prendre l’avion à temps) Chantal L’HOIR pour l’AFMT et Sylvie Chereau pour VLO