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Contexte : pourquoi a-t-on besoin de transparence sur les paiements envers les médecins ?

Les compagnies pharmaceutiques tentent d’acheter la fidélité des médecins pour influencer leurs pratiques, notamment leurs prescriptions. Une excellente introduction au sujet est ce petit bijou de John Oliver , qui est assez ancien (2015), et centré sur les États-Unis, mais très drôle.

Les conséquences de cette influence peuvent être dramatiques (crise des opioïdes aux Etats-Unis, scandale du Mediator en France…). Au cours des 10 dernières années, la transparence est apparue comme une nouvelle solution pour faire face à ce problème. L’idée est que les compagnies pharmaceutiques et les médecins y réfléchiraient à deux fois avant de s’engager dans une collaboration louche s’ils savaient que tout sera public. Certains pays ont choisi d’imposer la transparence sur les paiements dans le secteur de la santé en votant une loi sur la transparence, souvent appelée « Sunshine Acts » d’après la loi américaine. D’autres pays n’imposent pas la transparence. Là, l’industrie pharmaceutique divulgue volontairement certaines informations sur ses paiements. Plus de détails à ce sujet ici .

Au niveau européen, la transparence est surtout théorique, car les données ne sont pas facilement accessibles. Cette transparence opaque ne change pas les pratiques, et ne limite pas l’influence indue de l’industrie. Cela nous a conduit à démarrer ce projet, après un succès en France .

Le projet

Nous avons répertorié les sources de transparence dans les pays européens : registres publics dans les pays avec enregistrement, documents de divulgation volontaire ailleurs. Nous avons extrait les données de ces documents, unifié le format et tout stocké dans une seule base de données .

Ces données peuvent désormais être recherchées par pays, entreprise, destinataire, année, etc. Nous donnons accès à cette base de données aux journalistes, aux chercheurs et aux ONG, ainsi qu’à toute personne intéressée par un contrôle public accru.

Notre objectif est de simplifier l’accès aux données de divulgation, afin que la société civile puisse effectivement faire pression pour des changements indispensables.

Stand réel : pays couverts

https://datawrapper.dwcdn.net/mtALh/

Pour la France, vous pouvez utiliser notre site internet dédié , depuis 2018.

Projets qui ont utilisé nos données

Politique de santé, mai 2021

Autorégulation et non-transparence de l’industrie pharmaceutique : analyse au niveau des pays et des entreprises des paiements aux professionnels de la santé dans sept pays européens. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0168851021001135

1er juin 2021 : Ouverture du site européen

Dans la plupart des autres pays européens, les laboratoire pharmaceutiques ont mis en place d’eux-même un dispositif de transparence. Sous la façade de la transparence, ce dispositif permet surtout de cacher beaucoup de liens financiers dans des grandes catégories sans détails. Pour éviter que l’information libérées permettent d’y voir un peu plus clair, elle est dispersée dans des milliers de PDF, sur des milliers de sites internet.

Ce dispositif de transparence par l’industrie de ses propres pratiques est une hypocrisie, qui a en pratique tout d’une opacité organisée. Son principal résultat est d’avoir jusqu’à présent évité l’émergence de lois ambitieuses en Europe.

Le nouveau site eurosfordocs.eu collecte ces informations dispersée par l’industrie dans une base unique. L’objectif est de montrer qu’un Sunshine Act européen est non seulement nécessaire, mais qu’il serait même techniquement très facile à mettre en oeuvre.

Libération

4 janvier 2021 : 418 millions d’euros pour la presse et les médias ?

Les montants très élevés déclarés dans la catégorie Presse et média de Transparence-Santé circulent sur les réseaux sociaux, mettant en cause l’indépendance de la presse pour son traitement de la controverse sur l’hydroxychloroquine.

Checknews mène l’enquête, et publie au passage un article de fond présentant l’historique du projet Euros for Docs : Qu’est-ce que la plateforme EurosForDocs, qui recense les liens d’intérêts avec les industriels pharmaceutiques ? (pdf)

covid-19

Printemps 2020 : Crise sanitaire de la Covid-19.

L’influence commerciale joue à plein durant la crise. La recherche se concentre massivement sur les solutions médicamenteuses, plutôt que sur l’épidemiologie de terrain et les interventions non médicamenteuses. De nombreux résultats préliminaires sont diffusés via des communiqués de presse d’entreprises, faussant les perceptions du public et les réponses politiques à la pandémie. Un exemple clé de ce problème est le Remdesivir de Gilead [BMJ].

En France, des observateurs s’appuient sur EurosForDocs pour débattre des potentiels conflits d’intérêts en jeu [Mediapart : Conseil scientifiquePr Raoult].

Promotteur d’un traitement à base d’hydroxychloroquine, le professeur Raoult fait face à des critiques sur la valeur de ses études, et à l’émergence d’un consensus scientifique en sa défaveur [Prescrire 1234]. Afin d’échapper aux critiques sur le fond, il instrumentalise alors la question des conflits d’intérêts [Formindep] pour faire taire ses détracteurs, cherchant à montrer qu’ils sont en conflit d’intérêt avec Gilead, ignorant les critiques émanant d’acteurs indépendants de l’industrie tels que la Revue Prescrire.

Auditionné par la commission d’enquête parlementaire, il invite à utiliser EurosForDocs, ce que feront plusieurs médias : Quotidien20 minutesSciences et AvenirFrance InfoAFP.

PQR

11 janvier 2020 : #TransparenceCHU

Les journalistes du collectif DATA+LOCAL utilisent EurosForDocs pour mener une enquête sur les liens dangereux entre les CHU et l’industrie.

Cette enquête est publiée simultanément dans 12 titres de la presse quotidienne régionale, puis relayée dans de nombreux journaux nationaux : Le MondeUne du Canard Enchaîné, etc.

Une tribune collective dans le Monde propose ensuite 9 mesures pour améliorer la situation des conflits d’intérêts, dont la première est d’améliorer le système Transparence-Santé.

Logo Mediapart

novembre 2019 : Le lobby pharmaceutique avance masqué

Une tribune collective publiée dans l’Opinion invite à accélérer la mise sur le marché des médicaments.

Les 86 médecins signataires cumulent 16 millions d’euros de liens d’intérêts déclarés depuis 2013, soit 31000€ par an en moyenne chacun.

L’enquête menée par Mediapart montre que cette tribune a été coordonnée par Agipharm, une association de 14 laboratoires pharmaceutiques américains.

Logo de Prescrire et du Point

octobre 2019

À l’occasion du procès du Mediator, Prescrire publie :
La firme Servier, un financeur de poids du monde médical (résumé internet).

Cette étude est repris dans un éditorial du Point : Ces acteurs de la santé qui ont bénéficié des largesses du laboratoire Servier.

Paris Match & France Inter

30 avril 2019

Vaccins anti-HPV : 15 médecins dénoncent des conflits d’intérêts

En utilisant EurosForDocs, ils démontrent que les signataires d’un appel en faveur d’une généralisation des vaccins anti-HPV ont reçu 1,6 millions d’euros de financement de la part des industriels produisant ces vaccins.

Logo de Prescrire

avril 2019

La revue médicale indépendante Prescrire rappelle l’utilité des bases de données de type Transparence Santé.

Elle rappelle l’engagement de l’État à améliorer l’accessibilité de la base, et met en avant EurosForDocs.

Logo Mediapart et Médiacitées

13 mars 2019 : Des victimes d’un médicament anti-calvitie attaquent le laboratoire MSD.

3 avril 2019 : Des victimes d’un médicament anti-pilosité attaquent le laboratoire Bayer.

Dans des articles publiés sur Mediapart (12) et Médiacités, la journaliste Rozenn Le Saint déchiffre les conflits d’intérêts ayant mené aux mésusages de ces médicaments.

EurosForDocs permet notamment de mesurer l’ampleur des liens d’intérêts entre la Société française de dermatologie et le laboratoire MSD d’une part, et Société française d’endocrinologie et le laboratoire Bayer d’autre part.

ImplantFiles - Photo d'un TAVI

28 novembre 2018

Les journalistes du Monde ont utilisé EurosForDocs durant l’enquête « Implants médicaux : les industriels sont désormais dans le bloc opératoire ».

Dans la partie « Des essais cliniques très intéressés », ils montrent comment les experts chargés d’évaluer l’intérêt du TAVI ont été personnellement financés par Medtronic.

PHARMA PAPERS. Lobbying et mégaprofits. Tout ce que les laboratoires pharmaceutiques voudraient vous cacher

13 novembre 2018

C’est notamment grâce à EurosForDocs que les journaux en ligne Basta! et l’Observatoire des multinationales publient les « Pharma Papers », une série d’enquêtes sur le lobbying et les mégaprofits des laboratoires pharmaceutiques.

EurosForDocs a été rendu publique lors de la parution du premier volet : « L’argent de l’influence ».

Cette enquête a fait la Une de la matinale de France Culture