Lévothyrox : à Castres, les plaignants poursuivent le combat

Le contenu du rapport scientifique du collège d’experts qui vient d’être publié a été longuement expliqué aux victimes du nouveau Lévothyrox.Le contenu du rapport scientifique du collège d’experts qui vient d’être publié a été longuement expliqué aux victimes du nouveau Lévothyrox. Photo DDM (archives).

SocialCastresTarnPublié le 29/06/2021 à 05:12 , mis à jour à 07:20

l’essentielAprès deux ans d’inactivité, le collectif des Victimes du nouveau Lévothyrox se mobilise pour avancer dans sa procédure contre le laboratoire Merck et l’Agence de sécurité du médicament. Motivé aussi par la publication récente d’une expertise judiciaire.

Ils n’ont pas dit leur dernier mot. Même s’ils ont été lâchés en chemin par quelques « mousquetaires », les 30 plaignants tarnais regroupés au sein du collectif Victimes du nouveau Lévothyrox (VNL81, 70 adhérents) ont bien l’intention d’aller plus avant dans la procédure juridique qu’ils avaient lancée en novembre 2017, contre le laboratoire Merck (qui a changé la formulation du Lévothyrox) et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

Combat qu’ils mènent en parallèle à l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), présidée par Chantal Lhoir.

Les malades tarnais se sont retrouvés à Castres la semaine dernière pour faire un point de la situation avec le docteur Gérard Bapt, médecin cardiologue, expert pour l’AFMT, et leur nouvel avocat Me Poudampa, du barreau de Bordeaux.

« Une porte s’est ouverte pour nous pendant l’épidémie de Covid, annonce Martine Madaule, patiente castraise porte-parole du collectif. Quelques malades nous ont lâchés car ils ne pensaient pas que la situation allait se décanter. »

Un rapport scientifique favorable

En effet, une expertise judiciaire demandée par la juge d’instruction du tribunal de Marseille, après les plaintes de plusieurs milliers de patients, a été rendue publique ces jours-ci, mettant en cause Merck et l’Agence du médicament. « La juge de Marseille a tenu ses engagements et le dossier est toujours d’actualité. À nous d’aller plus loin dans la démarche vers le procès ! » déclare Martine Madaule, combative.

Car pour ces victimes tarnaises, le combat pour l’ancienne formule est toujours la priorité, malgré des alternatives. « Aujourd’hui, notre avocat va nous expliquer où en est le dossier dans la procédure juridique et le docteur Bapt va nous permettre d’y voir plus clair dans le compte rendu scientifique du collège d’experts mandaté par la juge, dont les conclusions s’avèrent favorables aux plaignants ! »

Plaignants qui, dans la mesure où une information judiciaire a été ouverte il y a deux ans, ont les moyens de faire des observations en qualité de parties civiles, voire être entendus ou encore solliciter des perquisitions : « Vous avez d’énormes pouvoirs, a assuré l’avocat. Et un objectif, déterminer les responsabilités, désigner les personnes qui doivent faire l’objet d’un interrogatoire devant la juge d’instruction. Vous avez le pouvoir d’être coacteurs de l’instruction, c’est un vrai combat ! »S. F