Algues vertes : dernier combat judiciaire pour les proches de Thierry Morfoisse

Environnement

Ce transporteur des Côtes-d’Armor est décédé en 2009 alors qu’il véhiculait quotidiennement des algues vertes en décomposition. Sa mort avait été reconnue comme un accident du travail en 2018. Mais son employeur rejette toute responsabilité. Le jugement sera rendu en octobre.
Thierry Morfoisse, mort en 2009, transportait chaque jour des algues en décomposition. Ici, une partie de l'estuaire du Gouessant, zone très touchée par les marées vertes. LP/Nona Moreau
Thierry Morfoisse, mort en 2009, transportait chaque jour des algues en décomposition. Ici, une partie de l’estuaire du Gouessant, zone très touchée par les marées vertes. LP/Nona Moreau 

Par Nora Moreau Le 1 juillet 2021 à 18h38

Il effectuait inlassablement des allers-retours entre certaines plages de Binic (Côtes-d’Armor) et la plate-forme de compostage de l’usine de Lantic, quand il a subitement été frappé d’un arrêt cardiaque. Douze ans après son décès en 2009, la justice s’est penchée de nouveau jeudi 1er juillet sur la mort du transporteur Thierry Morfoisse. Sa famille dénonce une intoxication liée aux émanations d’hydrogène sulfuré (H2S) des algues vertes en décomposition qu’il véhiculait quotidiennement.

Un comité de soutien composé d’associations de défense de l’environnement et anti-algues vertes et de citoyens engagés épaulait, ce jeudi 1er juillet, la famille Morfoisse, lors de l’audience au tribunal des affaires sociales de Saint-Brieuc. Le 16 juin 2018, ce même tribunal avait reconnu le décès de ce chauffeur comme accident du travail. Sauf que l’employeur, la société Nicol Environnement, représentée par Me Thomas Humbert, décline toute responsabilité.

La justice doit désormais rendre un dernier jugement, très symbolique au cœur de ce scandale sanitaire qui ravage les côtes bretonnes depuis des décennies. « On a toujours eu des non-lieux, mais rarement des jugements rendus au terme de réelles audiences », explique Yves-Marie Le Lay, président de l’association Sauvegarde du Trégor Goëlo Penthièvre. « Notre avocat, Me François Lafforgue, a livré une plaidoirie implacable et a fait intervenir des spécialistes comme le docteur Claude Lesné (CNRS) » pour reprendre les faits scientifiques. Le délibéré est attendu le 14 octobre.


À lire aussiCôtes-d’Armor : le combat d’un retraité contre les algues vertes


Ce moment juridique, crucial dans l’affaire Morfoisse, sera d’importance dans le cadre d’une autre affaire en cours, celle de la mort de Jean-René Auffray, foudroyé en plein milieu d’une vasière bourrée d’algues vertes en décomposition, à Hillion (Côtes-d’Armor), alors qu’il faisait son jogging, le 8 septembre 2016.