Levothyrox : un médecin condamné pour diffamation par Merck, il va faire appel

Par SudOuest.fr avec AFP

Le médecin condamné, doit retirer ses propos litigieux de ses réseaux sociaux, a estimé le tribunal correctionnel de Paris. © Crédit photo : Damien MEYER / AFP


Publié le 23/09/2021 à 16h51S’ABONNERLe docteur Nicolas Bouvier a annoncé qu’il allait faire appel de la condamnation pour diffamation jeudi, en tant que « lanceur d’alerte »

Un médecin attaqué en diffamation par la branche du groupe Merck fabriquant le Levothyrox, un médicament pour la thyroïde, a été condamné jeudi à 500 euros d’amende avec sursis et à 1 000 euros de dommages et intérêts au laboratoire pharmaceutique Le tribunal correctionnel de Paris a assorti une condamnation pour diffamation à l’encontre d’un médecin d’une obligation pour le médecin généraliste rémois de retirer de sa page Facebook ses propos litigieux, publiés le 6 avril 2019.SUR LE MÊME SUJET

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Le Dr Nicolas Bouvier y demandait aux personnes « intoxiquées » par la nouvelle formule du Levothyrox, accusée par de nombreux patients d’induire des effets secondaires plus ou moins graves, et qui présentaient des « nodules sous cutanés » de se faire connaître de lui. « Les investigations pour confondre et punir ceux qui ont détruit cruellement (leurs) vies se poursuivent », ajoutait-il.

Le tribunal a estimé qu’il ne pouvait « qu’être compris de ce message que ceux-là (avaient) délibérément porté atteinte à la santé des patients ». « Il s’agit de l’imputation d’un fait précis qui porte atteinte à l’honneur et à la considération » de la société Merck Serono, « dès lors qu’il est notoire qu’elle commercialise ce médicament », ajoute le tribunal dans sa décision.

« Lanceur d’alerte »

La cour n’a pas retenu la « bonne foi » du médecin, estimant que « la base factuelle relative à l’imputation formulée » était « inexistante ».

Le Dr Nicolas Bouvier a indiqué qu’il ferait appel. « En tant que lanceur d’alerte et plus que jamais dans ce dossier, j’estime qu’il est indispensable de préserver la parole dans notre pays ». Le groupe Merck, n’a pas réagi.

Entre mars 2017 et avril 2018, quelque 31 000 patients souffrant de maux de tête, insomnies, vertiges et autres effets secondaires ont accusé la nouvelle formule du médicament d’en être la cause.

La distribution de l’ancienne formule du Levothyrox, qui devait s’arrêter, a finalement été prolongée à plusieurs reprises et se poursuivra au moins jusqu’à la fin 2022.SUR LE MÊME SUJET

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